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Alors que les rôles de l’azote, du phosphore et du potassium sont bien connus pour les céréales, le rôle du manganèse l’est un peu moins. La carence en manganèse est pourtant de plus en plus fréquente, en particulier dans l’Ouest de la France. Toutes les céréales sont concernées, l’orge montrant la plus forte sensibilité. Cette carence peut toucher jusqu’à 15%, voire 20 %, des parcelles de céréales à paille dans les zones concernées. Les conséquences sont particulièrement néfastes pour le rendement puisqu’elle peut conduire jusqu’à la disparition des plantes.
Le manganèse, puisé par la plante dans la solution du sol sous forme d’ion Mn2+, est impliqué dans la synthèse de la chlorophylle et l’activité photosynthétique (transport de l’oxygène). Ce nutriment joue également un rôle clé dans le processus de synthèse des protéines, ce qui améliore l’utilisation de l’azote par la plante.
Les besoins des plantes en manganèse varient entre 30 et 50 ppm. La plupart des sols contiennent entre 200 et 3000 ppm de manganèse, ce qui en fait en théorie un oligo-élément non limitant. Cependant, des carences temporaires peuvent se produire lorsque certaines conditions pédoclimatiques défavorables sont réunies :
La moindre utilisation des fongicides contenant du manganèse peut également rendre les situations de carences en manganèse plus fréquentes.
Dans les parcelles touchées par une carence en manganèse, un foyer vert pâle peut apparaître dès 3 feuilles, mais le stade le plus fréquent correspond au début de la montaison (fin tallage à 2 nœuds). Les bandes plus foncées observées au sein d’un foyer touché correspondent aux zones rappuyées par les passages de roues.
Des chloroses apparaissent sur les feuilles les plus jeunes sous forme de points et de stries, en particulier entre les nervures, au niveau de la courbure de la feuille. En cas de carences sévères, les plages décolorées deviennent progressivement marron à gris-blanc, finissent par fusionner et se propager sur les feuilles les plus anciennes.
Dans le cas de carences précoces, toutes les feuilles peuvent peu à peu être atteintes. Les vieilles feuilles au niveau de la base vont apparaitre desséchées du fait de la nécrose des tissus. Attention à ne pas confondre ce symptôme avec un jaunissement associé souvent à une carence en azote. Si aucune intervention n’est faite, c’est la plante entière qui va se dessécher.
Les plantes en manque de manganèse peuvent aussi présenter des symptômes de verse, puisque le port des plantes les plus touchées devient mou.
Le changement rapide de biodisponibilité du manganèse rend l’analyse de terre peu prédictive. L’analyse de plante est plus fiable pour confirmer le diagnostic. L’interprétation est plus facile si on compare les teneurs en manganèse entre plantes saines et plantes atteintes.
Dans la mesure où les carences en manganèse sont dues aux conditions du climat ou du sol, les applications foliaires sont généralement le moyen le plus efficace de satisfaire les besoins immédiats de la plante. Dans les contextes favorables aux carences en manganèse, la meilleure stratégie est d’agir de manière préventive. En effet, les symptômes visuels peuvent mettre près de 20 jours à apparaître. Durant cette période, la photosynthèse du végétal est d’ores et déjà perturbée ce qui conduit inévitablement à des pertes de rendement et de qualité.
Quand des symptômes sont identifiés (parfois dès le stade 3 feuilles), il faut agir rapidement avec une application foliaire en apportant minimum 500g/ha de manganèse par passage. Un seul passage ne suffit pas toujours : il faut parfois une 2e application (1 mois après), voire une 3e dans les cas de carences les plus sévères (courant montaison).
Pour plus d’informations, rapprochez-vous de votre correspondant Yara.